masculins / Peace Cup

Un Doc en Corée du Sud

Publié le 19 juillet 2005 à 10:15 par R.B

[IMG6303L]<b>Le Doc Jean-Jacques Amprino</b> regarde l'entraînement du matin, soleil de lunettes sur les yeux. C'est son second séjour en Corée du Sud et sa seconde Peace Cup.<br> Portrait d'un fidèle de l'OL...

Le Doc Jean-Jacques Amprino regarde l'entraînement du matin, soleil de lunettes sur les yeux. « ce n'est pas pour jouer à la star de cinéma, mais avec ce temps, j'ai les yeux fragilisés… ». C'est son second séjour en Corée du Sud et sa seconde Peace Cup. « Nous n'avons pas trop le temps de visiter, mais pour ce que j'en ai vu et que je découvre, je dirais que ce qui me frappe c'est d'abord la concentration humaine en hauteur dans les villes (80% des gens habitent dans les villes soit une densité moyenne de 482 habitants au km2… en France 100 habitants au km2 !). On a du mal à respirer à l'extérieur. Les Coréens sont accueillants, attentifs, sans agressivité, sereins, courtois en toutes circonstances. On se sent en sécurité. A Busan, j'ai été étonner de les voir se baigner habillés et de se mettre ensuite sur la plage ainsi. Cela doit être dans leur culture… C'est l'intérêt de voyager que de voir ce genre de choses, ces cultures différentes ».



Ces changements de vie sont-ils gênants pour les joueurs ? «Cela dépend. Il y a bien sûr le décalage horaire ; la fatigue du voyage, des déplacements ; la chaleur ( tu as l'impression de devenir un poisson qui sort de l'eau) ; l'humidité ; les efforts ; le manque de sommeil. Mais chaque joueur réagit différemment. Tu peux très bien donner un cachet à un gars et ne peut pas avoir les mêmes résultats qu'avec un autre. Dans ces situations, il faut être attentif aux impressions. Même si tu ne dors pas beaucoup, mais que tu as la sensation d'être reposé, c'est déjà un bon point. Globalement, ils s'adaptent très bien et la fatigue d'après- match n'est guère plus importante qu'en Europe. De toute manière, avec l'équipe médicale, nous gardons le même rythme dans la gestion des horaires et des habitudes. Ils mangent leurs pâtes, suivent les mêmes protocoles et cette fois ci la logistique du séjour est nettement mieux organisée. Lors de la précédente édition, nous avions fait 1 500 kms en car et changer 2 fois d'hôtel ».



Le Doc attaque sa 6ème saison au club ; il commence à être rôdé par ces déplacements incessants, ces mises au vert. « On le sait, cela fait partie du métier. Un métier fait de plaisirs avec des contraintes. Mais ces dernières sont atténuées par l'adrénaline de la compétition qui gomme la contrainte des coulisses. Le jour du match, c'est une véritable communion entre l'ensemble du groupe. Nous sommes aussi des compétiteurs et cela change à chaque match ; il n'y a pas de routine. Et puis, s'il y a le groupe, il y a surtout de par notre fonction l'individu ». Et cet éloignement, ces déplacements à répétition ne sont-ils pas trop déstabilisants ? « Cela te fait apprécier de rentre chez toi, de retrouver ta femme, tes enfants. Mais tu es content de repartir, de recommencer une saison. Pour nous c'est un peu comme une rentrée scolaire avec de nouveaux visages… C'est un choix de vie que je revendique. Et puis, il y a du positif ; tu découvres des villes, des régions, des pays que je n'aurais pas eu l'occasion de connaître, même si cela n'est pas notre priorité. Quand tu es dans un endroit, tu sens plus les choses. ».



Jean-Jacques suit l'entraînement comme il regarde attentivement chaque match. « Cela t'aide en cas de blessure. Cela facilite ton diagnostic ». Docteur de l'OL, mais aussi supporter ? « Tu sais, je me souviens avoir suivi le défilé des Lyonnais après leur succès en Coupe de France en 73. J'étais rue de la république. J'allais à Gerland gamin avec mon frère qui jouait au foot. Je ne manquais pas beaucoup de rencontres. Je suis Lyonnais. Avant je vivais cela de l'extérieur, maintenant c'est de l'intérieur. Quand je me retrouvais sur le banc les premières fois, cela me faisait vraiment quelque chose ». Concentré sur le match pendant 90 minutes ; déjà dans l'autre match dès le coup de sifflet final, Jean-Jacques se réjouit de n'avoir que le succès avec l'OL. « En 5 saisons, cela n'a été que du positif… c'est plus facile ».



La séance matinale tire à sa fin ; la discussion quitte les terrains. On apprend ainsi que notre médecin aime Lyon, bien sûr, mais aussi Collioure, et qu'il apprécie la littérature. « J'ai toujours 2 ou 3 bouquins en route. J'adore lire, écrire. Je viens de finir «Bouche Cousue» écrit par Mazarine, la fille de François Mitterand ; je vais attaquer « Café du Pont » de Pierre Perret…. « Voyage au bout de la nuit » de Céline est un livre que je relis. Il m'accompagne. Il y a quelques années je faisais des chroniques médicales pour des revues, des journaux comme le Dauphiné Libéré, le Journal Rhône-Alpes. C'était de la vulgarisation ; j'étais même responsable de la rubrique médicale. Cela m'a permis d'assister à de nombreux congrès et de rencontrer les sommités de la médecine ». Médecin de l'OL avec encore une activité à l'extérieur « pour ne pas être coupé de la vie de tous les jours et des problèmes différents de ceux d'un sportif. Il y a des moments de vérité qui sont parfois difficiles à vivre. Remarque, cela t'arrive aussi avec un joueur, même si cela ne met pas sa vie, au vrai sens du terme, en jeu ». L'entraînement est désormais fini, le Doc est allé filer un coup de main pour ranger du matériel. Il n'est jamais très loin de ses joueurs comme de Coupet qui lui a réclamé juste avant quelque chose.



R.B