masculins / OL 2 - ASSE 1

Un finish à couper le souffle

Publié le 14 octobre 2006 à 19:16 par BV

Intense parenthèse émotionnelle dans un début saison que les Olympiens mènent méthodiquement à un rythme effréné, le derby n’est décidément pas un match comme les autres.

Plus que tout autre rencontre, cet affrontement entre les deux places fortes du football rhônalpin dispose des attributs magiques permettant de balayer tous les avatars et bousculer insolemment toutes les hiérarchies. Oubliée donc l’hécatombe qui s’est abattue sur les forces lyonnaises. Carew, Fred, Caçapa, Müller et Coupet absents, Karim Benzema, Rémy Vercoutre et Toto Squillaci devaient confirmer la densité d’un banc régulièrement loué pour sa profondeur et sa qualité; qu’importe la composition, pourvu qu’il y ait la victoire ! Mis de côté les problèmes de préparation liés à la quinzaine internationale. L’OL fait partie des grands d’Europe et a, à ce titre, des problèmes de riches. Occulté l’enjeu comptable et la proximité des 2 équipes au classement général. Le derby demeure une question de suprématie régionale.

Les premiers contacts confirmèrent l’intensité inhérente à ce rendez-vous tant attendu. Toulalan (3e) puis Cris (6e, 20e, 38eet 43e) vinrent rappeler à leurs vis-à-vis le caractère engagé (mais correct) propre à tout derby. Quelque peu discrets dans les duels, les Stéphanois éprouvaient les pires difficultés à inquiéter Rémy Vercoutre. Durant un début de rencontre à l’avantage des champions de France, le remplaçant de Grégory Coupet n’eut ainsi que peu d’opportunités de se mettre en évidence. Deux sorties aériennes bien maîtrisées (7e et 24e) : une bien maigre activité au regard de la succession d’offensives lyonnaises sur les buts de Janot.

Bien alimentés par la moisson de ballons effectuée par Jérémy Toulalan au milieu de terrain, les joueurs de Gérard Houllier multipliaient les assauts. A l’entrée de la surface, Tiago alluma la première mèche mais Janot se détendit parfaitement (7e). Visiblement très motivé sur son aile droite, Sidney Govou se chargea bien vite de rassurer Gerland quant à la solidité de sa cheville. Tout proche à deux reprises de reprendre les ouvertures de Nino Wiltord (10e et 25e), le natif du Puy-en-Velay faisait une nouvelle fois montre de la formidable motivation qui l’anime lors de ces rencontres si particulières, pendant que Jérémy Toulalan récoltait l’ovation de Gerland en multipliant les récupérations de balle. Mal récompensé, le néo-international français vit son puissant essai s’échapper à gauche du cadre (11e).
Au sortir d’un numéro de funambule sur son côté, Sidney Govou décala idéalement Juninho mais le tir enveloppé du Brésilien vint lécher le poteau droit du portier des Verts (16e). Pas plus de réussite pour Karim Benzema dont le tir lointain capté par Jérémy Jamot sonna le glas des intensions offensives des 22 acteurs lors la première période (22e).

Le second acte démarra comme avait commencé le précédent : à l’entrée de la surface, Tiago montra l’exemple, à côté puis au dessus (46e et 48e). Contagieux problème de réglage de la mire : la tentative de Karim Benzema n’accrocha pas plus le cadre (62e). Peu auparavant, Rémy Vercoutre avait sauvé les siens en remportant son un contre un devant Guarin (47e).

Le rythme s’accéléra singulièrement à l’heure de jeu. Sur coup franc, Juninho obligea Janot à une belle horizontale. Quelques instants plus tard, le natif de Valenciennes ne put rien sur le tir croisé de Tiago. Profitant d’une passe en profondeur de Juninho, le Portugais piqua astucieusement son ballon pour inscrire son 5e but de la saison (67e).
Les 5 minutes suivant un but sont souvent les plus dangereuses se plaisent à répéter les spécialistes de la balle ronde. Une minute après l’ouverture du score rhodanienne, la frappe d’Hautcoeur, déviée par Eric Abidal, vint mourir dans la lunette de Rémy Vercoutre (68e).
Les tentatives de Malouda et Cris trouvèrent des pieds verts (74e et 75e). La tête de Juninho Jérémy Janot (79e).
Guère plus de réussite pour le numéro 8 olympien sur un penalty consécutif à une faute de Diatta en position de dernier défenseur sur Malouda (83e). L'ultime rempart stéphanois se détendit parfaitement pour détourner son tir. Ce n’était que partie remise. Bénéficiant d’un slalom de Florent Malouda sur le côté gauche, « Juni », dans une position laissée vacante par son coéquipier Fred, trompa Janot à bout portant (88e).

Une fin de rencontre à couper le souffle conclue par une délivrance née des pieds de son maître à jouer, Gerland ne pouvait rêver meilleur dénouement. La magie du derby a une nouvelle fois opéré. Les Lyonnais remportent cette 90e édition et confortent leur place de leader de la Ligue 1. Si ce derby constituait la première étape d'une série qui verra les Rhodaniens affronter Kiev, Marseille, Paris et Nancy, souhaitons que la suite soit digne de cette entrée en matière. La série semble en tous cas idéalement lancée.

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