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Une image dans le match !

Publié le 14 avril 2005 à 18:41 par SR

Après la rencontre, beaucoup d'images sont resté dans nos têtes. Différents clichés d'émotion, de tristesse, de peur, de stress… Revenons sur cet instant précis du match avec 9 joueurs, 9 attitudes, 9 comportements... Décortiquons ! [IMG5297L]

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Un petit retour sur cette image. Cet instant précis. Les 120 minutes de match sont passées. On est en pleine séance de tirs au but avec l'impression que cela dure des heures, que le temps est arrêté. Eric Abidal s'est avancé pour tirer son penalty. 4-2 en faveur des Bataves; il prend son courage à deux mains, se prépare…On se met à sa place quelques instants; on préfère vite revenir à la sienne. Observer ses coéquipiers, dans le rond point central : crispés ; contractés ; agacés ; énervés… concentrés… Chaque joueur à une attitude, sa façon de vivre ce moment, d'encaisser cette pression, cette tension que l'on sent de la tête aux pieds... aux bouts des ongles. Sur nos fauteuils, on se contracte également; les supporters lyonnais sont tétanisés et retiennent leur souffle. Les sifflets des supporters rouge et blanc raisonnent dans les têtes. Chez les lyonnais, on a l'impression que certains regardaient un film d'horreur.

La suite ? On la connait... suivons juste ces fragments de secondes...



Essien, lui, est désemparé. Mains sur les hanches, yeux fermés, il se fie au cri de joie ou au ‘ohhh' des supporters locaux pour connaître le dénouement. Les dents serrées, dans une séance de roulette russe, à l'écoute de ses coéquipiers, du public, du ballon pour se libérer. Il aimerait faire une petite marche arrière dans le temps pour pouvoir re-tirer.

Diarra, ‘l'animal', le grand frère, l'expert. Il regarde avec des petits yeux et tient son compatriote Essien d'un côté et le jeune Nilmar de l'autre. Il a oublié la fatigue, la lutte, les coups reçus. Il doit avoir des hématomes sur tout le corps, il les sentira plus tard. Là, il se concentre sur l'importance du moment. Il devrait être le prochain tireur, est-ce qu'il y pense? A ce moment là, pense-t-on au penalty que l'on va tirer ? Je ne pense pas; chaque minute compte; chaque seconde est précieuse. Il est avec Abidal, avec lui.

Nilmar. Angoissé, comme nous. Il ferme les yeux, les serre fort; il a mal; il est mal. Le corps droit, raidi... il a peur. On dirait qu'il est dans le noir, au milieu où se déroule l'action et qu'il tente de diriger le ballon au fond des filets. Il cherche 'Juni' de la main gauche.

Juninho qui n'arrête pas de bouger, il ne tient pas en place. Il n'a pas envie de voir mais il regarde quand même. Il tient à être informé de ses propres yeux. Il tourne la tête puis revient sur l'action, c'est insupportable pour lui. Il gigote, ne trouve pas de position. Il a fait et re-fait les 100 pas. Peut-être souhaiterait-il être devant le ballon pour tirer une fois de plus, être à la place du tireur. Repense-t-il aux différentes phases de jeu, au but encaissé, au penalty non sifflé ? Il a le visage désespéré. C'est long, très long. Il voudrait faire quelque chose, mais quoi ?

A sa gauche, c'est Ben Arfa. Deuxième séance de tir au but de la semaine après la Gambardella. Le visage dépité. Coupet venait d'arrêter le tir de Beasley et lui avait inscrit le sien juste avant. Le deuxième gaucher prend son élan, Hatem a l'air perdu. Il ne sait que faire de plus qu'espérer. Juni à sa droite à la bougeotte, il va et vient alors qu'Hatem se prépare au duel, en même temps que son ‘pote' Eric.

Malouda est concentré, il retient son souffle. Patient, il attend. Il garde son calme, tout se passe à l'intérieur. Tout comme Antho (Réveillère), intouchable, nerveux. Rien ne peut se mettre entre lui et le combat, entre Abidal et Gomes. Il a envie de cogner. Il a ce visage de boxeur; il fronce les sourcils « Mais ce n'est pas possible » doit-il se répéter intérieurement « Ce n'est pas possible ».

A côté, il y a le Capitaine… Claudio… Caçapa (CCC). Il n'en peut plus, triste mine. Il a crié, il a lutté, encouragé… « C'est le hasard, la chance » comme il dit. Il a envie que cela finisse et tient Antho et Cris.

Le grand Brésilien blanc est à genoux, il implore le ciel. Cris ne regarde pas. Il n'entend pas les sifflets, pas le public, pas l'arbitre. Il lève les mains, les rassemble l'une contre l'autre, les amène près de son visage... et prie.



SR
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