masculins / OL 2 - Real 0

Une inoubliable soirée

Publié le 13 septembre 2006 à 22:50 par BV

Simple ânonnement d’un tirage au sort taquin ou légitime seconde chance accordée à un Real Madrid humilié lors du premier acte, il flotte dans Gerland un étrange parfum au moment d’offrir aux Madrilènes une seconde chance.

A l’approche du coup d’envoi, chacun prend inexorablement conscience de l’impérieuse nécessité pour les Lyonnais d’oublier ce si fabuleux 13 septembre 2005 lorsque les hommes de Gérard Houllier en état de grâce réduisirent au rang de simples faire-valoir de bien terriens galactiques.
A l’instar de Florent Malouda, tous les supporters réalisent que « les compteurs sont remis à zéro ». « On est un peu tendus cette année » révèle un Gône habillé d’une tunique olympienne « vintage ». « On devrait assister à une véritable partie d’échecs, révèlent deux jeunes Lyonnais, on se méfie car ce sera bien plus dur que l’an dernier ». Le Real version 2006/2007 diffère en effet notablement de son prédécesseur. Premier signe de cette dissymétrie des événements, Mahamadou Diarra a franchi les Pyrénées pour rejoindre le club merengue. « Je m’attends à tout. Des applaudissements ou des sifflets ». Si Djila doutait de la réaction de Gerland, le public lyonnais fit une nouvelle fois montre de sa qualité et de sa fidélité en offrant au Malien un accueil à la hauteur de l’intensité de leurs souvenirs communs. « Il faudra le remercier pour ce qu’il a apporté » avaient promis ses anciens admirateurs. Accompagnés d’une salve d’applaudissements à chacune de ses apparitions sur les écrans géants et lors de la composition des équipes, les « Diarra, Diarra, Diarra » descendaient des tribunes. « J’ai passé 4 superbes saisons ici » déclarait le Malien en conférence de presse. Une déclaration d’amour visiblement partagée par le public lyonnais. « Merci Djila, bonne chance… sauf pour ce soir » s’étalant ainsi sur toute la longueur du virage Nord. Un Djila Diarra dont l'émotion atteindra son paroxysme en fin de rencontre dans les vestiaires lorsque le Président de l'Olympique Lyonnais, Jean-Michel Aulas, lui offrira un plateau en argent retraçant son palmarès entre Rhône et Saône.

Le retour de Djila Diarra aura constitué le premier sommet émotionnel d’une soirée qui débuta dès 19h15 lorsque les portes de Gerland s’ouvrirent pour laisser s’installer les premiers irréductibles. A peine un quart d’heure plus tard, Gérard Houllier pénétra sur le terrain. Vercoutre, Govou, Squillaci, Clerc, Wiltord et Berthod l’imitèrent pour s’imprégner de l’ambiance si particulière de la Ligue des Champions. Devant les étoiles ornant les travées de Gerland pour la première fois de la saison, baladeur sur les oreilles ou grands gestes à l’appui, tous tentèrent d’oublier quelques instants la pression inhérente à ces rencontres continentales avant de s’engouffrer comme un seul homme dans les entrailles de l’arène lyonnaise. Rémy Vercoutre réapparut quelques instants plus tard en compagnie de Joël Bats et Grégory Coupet, bien vite suivis des joueurs de champ. Sous les « Lyonnais, Lyonnais, Lyonnais » d’un stade en ébullition, tous les joueurs olympiens se rassemblèrent une dernière fois au centre de la pelouse.

[IMG41250#R]Au coup d’envoi, Gerland paré de ses plus beaux tifos s'apprêtait à vivre une soirée pas comme les autres. Les « Allez l’OL » succédaient sans temps mort aux « Nous sommes les Lyonnais ». Les joueurs rhodaniens ne faisaient certes pas grand-chose pour calmer les ardeurs de leur fidèle et bruyant 12e homme. Juninho s’essayait dangereusement aux coups francs et Fred délivrait un stade qui ne demandait qu’à exulter (11e).
A mesure que les hommes de Gérard Houllier imprimaient leur rythme à la rencontre, les supporters lyonnais retrouvaient le parfum si enivrant de la Ligue des Champions et ses formidables instants d’hystérie collective. 2 buts à 0 après tout juste 31 minutes de jeu : un magique air de « déjà-vu » envahissait l’enceinte alors que descendaient des tribunes les hourras accompagnant chaque touche de balle des champions de France. De leur côté, Govou, Réveillère et Malouda se chargeaient de parer un peu plus le récital rhodanien des attributs de la grâce et de la virtuosité.
Il est des instants d’euphorie exceptionnels que presque rien ne semble pouvoir estomper. La mi-temps se chargea donc d’offrir aux 40 013 supporters une indispensable respiration.

Après un court mais nécessaire quart d’heure de répit en seconde période, Gerland s’embrasa de nouveau sous les coups francs de Juninho. Une apparente sérénité sembla s’emparer du public lyonnais. L’assurance que rien ne pouvait arriver à cette équipe rhodanienne archi-dominatrice. Abidal reçu une ovation nourrie après une somptueuse feinte ponctuée par un dribble sur deux madrilènes; tout comme Tiago auteur d’un étonnant grand pont sur Guti. L’arène des champions de France se régalait à mesure que se profilait le succès des siens et offrait à Juninho, Fred et Govou de vibrantes et somptueuses ovations (73e et 78e et 82e). Une si inhabituelle ola vint animer un peu plus, si besoin en était, un stade aux anges.

« Qui ne saute pas n’est pas Lyonnais » reprenait à l’unisson un public amouraché de ses champions. Ce soir, avec l’aide de leur indéfectible soutien, Fred et les siens ont fait mieux que remporter une précieuse victoire, ils ont réalisé le plus difficile : confirmer leur succès de l’an passé. Le bonheur de Gerland n’en est que plus intense. Le rappel théâtral des spectateurs dans les arrêts de jeu symbolise à merveille la superbe performance des Rhodaniens. A la joie de voir leurs Gones dominer pour la seconde année consécutive le Real, les supporters rhodaniens ont ajouté un immense sentiment de fierté devant la performance de leurs champions.
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