masculins / Lille 2 - OL 1

Une première glissade... beaucoup de regrets

Publié le 23 janvier 2005 à 23:03 par R.B

[IMG4444L]Les <b>Gones</b> se sont inclinés pour la première fois de la saison. Et pourtant, ils auraient pu et du repartir de <b>Lille </b>de façon différente. Ce sommet entre le leader et son dauphin a donc mis fin à l'invincibilité du Champion de France qui regrettera son manque de réalisme, le talent de Sylva, le gardien adverse, et aussi ses 2 buts encaissés sur des approximations défensives. Dommage... mais Rennes arrive mercredi à point nommé pour repartir du bon pied. Bien évidemment, cela se resserre en tête du classement...

A Villeneuve d'Ascq, Stadium Lille Métropole, Lille 2 OL 1(mi-temps : 1 - 0); pelouse : en bon état; temps : pluie et vent; spectateurs : environ 17 000; arbitre : M. Gilles Veissière (Méditerranée).



Lille : Sylva – Chalmé (Rafael 93ème), Vitakic, Talvaridis, Tafforeau, Makoun, Debuchy (Debuchy Bodmer 63ème), Landrin (Dernis 83ème), Dumont, Brunel (cap), Moussilou.



OL : Coupet – Réveillère, Diatta(puis Nilmar 46ème), Cris, Berthod (puis Bergougnoux 46ème), Essien, Diarra, Juninho, Govou (cap), Frau (puis Benzema 80ème), Malouda.



Buts : pour Lille, Moussilou (3ème, 68ème) ; pour l'OL, Juninho (75ème sur pénalty).



Cartons jaunes : pour Lille, Tavlaridis (65ème), Vitakic (72ème) ; pour l'OL, Juninho (87ème), Diarra (89ème).





En jouant 24h après vos « petits copains », vous avez l'avantage ou l'inconvénient de connaître leurs résultats. Lillois et Lyonnais savent donc que Marseillais, Monégasques, Icaunais, Toulousains ont raflé les 3 points pour mieux chasser leur tête. La course-poursuite est engagée. Manifestement l'OM et Monaco ont changé de braquet depuis la reprise avec 3 succès en 3 rencontres. Ce dimanche soir qui fera la bonne affaire ? Les Dogues ? Les Gones, avec pourquoi pas une 3ème victoire de rang après celle contre Sochaux et Metz ? Ou ces fameux chasseurs tranquillement installés devant leur télé ?



Alors place à ce sommet de France qui n'est qu'un grand col à grimper avant plusieurs autres étapes de montagne et de plaine. La tunique jaune ne sera ni perdue ni gagnée… définitivement ; elle sera simplement un peu plus pâle, un peu plus colorée ; plus ou moins accessible aux autres. Paul Le Guen, amateur de vélo, le sait ; ses joueurs aussi. Les Lyonnais devront donc p�daler en patron sur ce pavé du Nord affûté de main de maître par Claude Puel. Le patron d'une course se permet souvent de choisir sa tactique. Il imprime le rythme pour décourager… il attend pour mieux juger… il subit avant de contrer… il se contente d'une arrivée groupée… Les Gones savent tout faire grâce à leur collectif tout terrain, alimenté par le souffle inépuisable de la gagne. Du coup, personne n'a encore croqué leurs mollets en acier et cela irrite forcément tous les autres coursiers.



Ce choc dans le Nord promet. C'est notamment la première fois de la saison qu'un leader affronte son dauphin. C'est une rencontre entre européens… une opposition entre les frères Seydoux… entre 2 entraîneurs qui s'apprécient… entre la meilleure attaque à l'extérieur et la troisième défense à domicile… Bref, il y a de nombreuses raisons pour voir un véritable match au sommet dont le résultat nul satisferait, à priori, le coach local. Mais comment croire cet ancien guerrier tourné en permanence vers la victoire !



Paul Le Guen, on s'y attendait, a replacé Essien en milieu de terrain ; Diatta et Berthod font leur retour et Frau débutera la rencontre devant entre Govou et Malouda. Chez les Nordistes, le Grec Talvaridis revient dans l'axe de la défense associé à Vitakic ; et Debuchy a été préféré, dans l'entrejeu, au pied gauche talentueux de Bodmer. Enfin pour que la fête soit complète, M. Gilles Veissière sera au sifflet. Avec lui, les partenaires de Govou n'ont jamais perdu cette saison.



Il pleut, il vente au coup d'envoi sur ce Stadium comble, célèbre pour son meeting d'athlétisme. Un temps de chiens ; un temps de Dogues ! Ces derniers montrent leurs crocs de suite en « agressant » les Gones au point de contraindre Diatta à une relance hasardeuse de la tête ; la récupération permet à Moussilou, dans l'axe, de griller l'incompréhension du Sénégalais et de Réveillère pour tromper Coupet (3ème). Coup de froid sur les épaules blanches. Le grand Matt sollicite encore « Greg » de loin. 10 premières minutes difficiles pour le Champion de France… avant de retrouver ses esprits et son football. Essien est à deux doigts de reprendre un centre de Govou (11ème). Juninho met un coup franc dans la boite (15ème), avant de cadrer le suivant dans les bras de Sylva. Puis Govou et Frau vendangent leurs tirs dans la surface à 2 secondes d'intervalle.



Les Olympiens sont dans le camp des locaux. Que dire de cette tête à bout portant de Frau (21ème) détournée par un impeccable Sylva ! Les Lillois sont aux abois, même si Moussilou traîne dangereusement dans la surface de réparation adverse (23ème). Juninho frappe un nouveau coup franc dans la niche de la panthère noire nordiste. Sur un coup franc, une combinaison rouge place Talvaridis à 5 mètres de Coupet qui s'interpose avec brio. Pas le temps de souffler… Govou enchaîne magistralement un solo côté gauche et balance une mine détournée en corner (34ème). L'OL mériterait de revenir au score, d'autant qu'Essien joue les acrobates et plante un tir du gauche au dessus de la transversale alors que l'on croyait au but (39ème). Coupet se réchauffe en contrant au pied Moussilou et coup sur coup Réveillère déclenche un pétard pour une envolée de Sylva, puis Cris une tête de nouveau détournée (43ème). Décidemment ce but ne vient pas et Vitakic conclut cette première période par un tir hors surface arrêté. 45 minutes palpitantes où l'emprise lyonnaise après une mauvaise entame n'a pas été récompensée par manque d'efficacité. Ce sommet tient toutes ses promesses et rien n'est joué malgré l'avance des Dogues.



Paul Le Guen n'hésite pas. Dès le retour des vestiaires, il change Berthod et Diatta pour Bergougnoux et Nilmar. Une formule offensive. Malouda reculant au poste d'arière gauche et Essien dans l'axe de la défense. Bergougnoux, côte gauche, se manifeste d'entrée en obligeant le gardien local à se coucher. Les blancs confisquent le ballon ; Lille compte sur la vitesse en profondeur de Moussilou. Mais c'est sur une bévue de Cris que les coéquipiers de Brunel sont le plus dangereux (55ème). Le coup franc qui suit ne donnant rien. Les Dogues jouent avec intelligence pour gêner l'ordonnancement adverse, bloquant en autre les liaisons entre ses lignes. Mais on insiste. Govou n'arrive pas à s'emmener le ballon dans la surface ; Diarra place une tête à côté ; Bergougnoux est contré… Ce match est haletant, d'une beauté sauvage par son incertitude, ses différences d'expression d'un camp à l'autre.



Bodmer remplace Debuchy (63ème). Sur un centre de Bergougnoux, Nilmar voit sa tête détounée sur sa ligne par Vitakic (64ème). Juninho est ensuite descendu aux abords de la surface de réparation ; son coup franc est sorti par cette formidable liane de Sylva (67ème). L'OL pousse ; le LOSC tient au point de doubler la mise sur un mauvais dégagement de la défense blanche, repris par Dumont qui sert royalement Moussilou (68ème) en limite de surface. Cruel football ! En reconnaissant les vertus collectives de ces Nordistes.



Perdu ? Peut-être pas… puisque Malouda est fauché dans la surface sur une passe en profondeur de Frau. Juninho inscrit son septième but en championnat (75ème). Il reste un gros quart d'heure pour une égalisation méritée. Ce sommet tient vraiment, vraiment ses promesses. Benzema remplace Frau (80ème) Cris met son crâne rasé sur un corner de Juninho que Silva sort une nouvelle fois sur sa ligne. Tony le Sénégalais, héros de son équipe ! Les Lillois s'accrochent toujours et encore. La pluie neigeuse enveloppe la fin de la rencontre ; la dramatique est superbe. Chaque formation, avec ses armes, a tout donné jusqu'à ce coup de sifflet final scellant la première défaite de la saison des Lyonnais, alors qu'ils ont eu largement la possibilité de l'éviter. Les Gones sont toujours leaders ; les Dogues reviennent à 3 points ; Monégasques et Marseillais doivent aussi avoir le sourire. Il faudra gérer tout de suite cette glissade dès mercredi contre Rennes.





Statistiques :



Corners Lille : 2

Corners OL : 11

Hors jeu Lille : 0

Hors jeu OL : 1

Coups francs Lille : 12

Coups francs OL : 19

Tirs cadrés Lille : 5

Tirs cadrés OL : 12

Tirs non cadrés Lille : 5

Tirs non cadrés OL : 7

Coupet arrêts : 7

Coupet arrêts décisifs : 1



Fautes commises:



Diarra 4, Bergougnoux et Réveillère 2, Malouda 1, Berthod 1, Cris 1 et Juninho 1.



Fautes subies:



Malouda 6, Diarra 3, Govou 3 et Nilmar 3, Essien 2, Réveillère 1, Frau 1, Juninho 1



R.B

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