masculins / OLTV

Une première vécue de l'intérieur

Publié le 28 juillet 2005 à 09:03 par R.B

[IMG6390L]16h 59 à Auxerre dans le bus d'OLTV. «Mais pourquoi j'ai accepté ce poste… ». <b>Maryline</b> angoisse à 60 secondes du premier direct de la chaîne de télévision de l'Olympique Lyonnais. Elle a vérifié son maquillage, changé ses bijoux, relu une dernière fois ses notes, cherché un réconfort du regard, de la main, répété dans sa tête les premiers mots qu'elle allait prononcer. Dans le car, il y a une agitation plus que palpable. Le visage de <b>Jean-Yves</b>, commandant de bord de ce navire, mélange inquiétude et assurance...

16h 59 à Auxerre dans le bus d'OLTV. «Mais pourquoi j'ai accepté ce poste… ». Maryline angoisse à 60 secondes du premier direct de la chaîne de télévision de l'Olympique Lyonnais. Elle a vérifié son maquillage, changé ses bijoux, relu une dernière fois ses notes, cherché un réconfort du regard, de la main, répété dans sa tête les premiers mots qu'elle allait prononcer. Dans le car, il y a une agitation plus que palpable. Le visage de Jean-Yves mélange inquiétude et assurance. Commandant de bord de ce navire à peine sorti d'un chantier accéléré, un océan d'incertitudes et de désirs va maintenant passer du rêve à la réalité. « 5, 4, 3, 2, 1… antenne ». Moment magique, le navire flotte enfin. 3h 41 minutes plus tard, les micros sont coupés. « On ne sait pas toujours pourquoi on fait ce genre de métier, mais que c'est bon… ». Maryline peut souffler comme toute l'équipe qui a participé à cette première. Décompresser, analyser, noter les améliorations. « Si à la fin de la saison, on propose le même produit, ce ne sera pas satisfaisant, mais aujourd'hui… ». Jean-Yves peut ouvrir la bouteille de champagne offerte par le président Jean-Michel Aulas… sans arrêter de récapituler dans sa tête les tonnes de détail qu'il a notées.



Les uns ont fini, les autres doivent ranger le matériel. L'essentiel dans un collectif, c'est d'aimer les autres. C'est de se reconnaître dans le geste collectif plutôt que dans ses propres actes. Il y a ceux qui dirigent, ceux qui passent à l'antenne, ceux qui bossent dans l'ombre. Tous sont importants. Le comprendre génère une dynamique, dope les énergies; file de l'envie. Avant, après et pendant, cela se manifeste de mille façons : d'un sourire à l'énervement ; d'un mot gentil à un propos plus corsé, d'un conseil à un bravo. Le but à atteindre déplace les montagnes, ne pousse pas à faire de sentiments, ne permet pas de donner du temps au temps… et pourtant le regard des autres, la tape amicale, le bisou et les embrassades se font naturellement. Il faut l'avoir vécu pour le comprendre et comprendre aussi que le calme des corps et des esprits va exiger de très longues minutes pour redescendre sur terres.



En partant mercredi matin ou la veille, la quinzaine de personnes ayant participé sur place à l'ouverture de l'antenne a senti monter petit à petit l'adrénaline liée à l'événement. Chacun a pris la route de l'Yonne avec son bagage personnel, le vérifiant maladivement. Le conducteur aura été lu et relu, changé, peaufiné… jusqu'au consensus final. Un repas d'avant antenne devient donc forcément un repas de travail. Les plats passent, mais franchement on en oublie l'assiette et le verre. Retour au stade avec encore une liste insensée de choses capitales à régler, sans parler des pépins imprévus à gommer. Les 3 coups lointains se transforment en horizon à portée de matin. On parle, s'isole, cherche le dernier détail, l'ultime info. On reconnaît les gens sans les voir. 30 minutes avant 17h, assis dans le studio et présent sur la pelouse, les journalistes répètent. Un direct, on veut l'apprivoiser au maximum, lui faire comprendre qu'il ne nous échappera pas… et puis, il y a les imprévus : un avion qui prend du retard, des invités qui ne sont pas là, un micro qui ne marche pas, un oubli dans son fil conducteur. Le journaliste, le technicien, le réalisateur… deviennent des trapézistes sans filet gérant une perte d'équilibre qui doit rester invisible pour le téléspectateur. Et franchement, pas question d'avoir la trouille du vide, de la chute… l'horloge du direct ne s'arrête jamais pour se refaire une beauté. Serge, homme de terrain, en sait quelque chose.



3h 41 minutes d'émission avant le générique de fin. Après le match, le studio décoré aux couleurs du club, se transformera en salon familial. Président, joueurs, membre du staff entrent et sortent. Ils découvrent leur univers et semblent vraiment l'apprécier. On refait le match avec nos mots à nous, nos sensibilités, nos forces et nos faiblesses. Des propos, des images, des chiffres et des sourires. Maryline n'avait pas prévu son conducteur autrement que par un succès. Les Gones l'ont fait… c'est quand même plus facile pour commencer la Chaîne, on le souhaite, d'une longue vie. Juste à côté du car de la Télé, il y a le bus des joueurs. Le frère jumeau s'impatiente, klaxonne... il doit ramener les héros du jour à l'aéroport. Pressé, il en oubliera de ramener ce quatrième Trophée. Que fait-on maintenant? On ne va pas rentrer tout de suite. Entre plaisir de prolonger ces instants particuliers et besoin de souffler, la décision sera vite prise de rester un peu plus dans l'Yonne en pensant à Nico, Guillaume, Martial… qui ont encore des mètres et des mètres de câbles à ranger.



2 heures du matin, les lumières de la Capitale des Gaules ne sont plus une chimère. Du repos… il en faut. Et déjà demain quasiment aujourd'hui à l'occasion du déplacement au Mans. 3h 41 minutes de direct demande énormément d'heures de préparation dans tous les domaines. Si nous avions eu besoin de motivation, Auxerre a facilité grandement les choses. Nous sommes déjà au Mans.



R.B

Sur le même thème