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« Une récompense... pas un aboutissement »

Publié le 06 mars 2016 à 09:00 par R.B

Zakarie Labidi a fait ses premiers pas en pro lors de la 27ème journée à Lille... Il a aussi participé à la victoire face au PSG... Rencontre avec ce jeune gaucher de 21 ans qui a su se montrer patient pour en arriver là...

Aldo Kalulu, Romain Del Castillo, Gaëtan Perrin l’avaient précédé cette saison au plus haut niveau. Ces trois joueurs comme « Zak » avaient passé une belle partie de leur formation dans les équipes de jeunes de l’OL. Plusieurs fois sur le banc sans jouer, il a été enfin « baptisé » à Lille le 21 février dernier. 5 minutes dans le Nord et autant face au PSG sous les yeux du papa et du frangin. Un moment fort et particulier pour le natif de Villeneuve-la-Garenne (21 ans) doté d’une très belle technique de gaucher. Ce bachelier (il y a deux ans) est sous contrat à l’OL jusqu’en juin 2017 où il est arrivé en 2010  après avoir été repéré par Gérard Bonneau lors de test à l’INF Clairefontaine.

Zakarie qu’as-tu ressenti avec ces premières minutes en pro ?
« Cela a été un moment magique. Et j’ai été évidemment super content. Sur le coup, tu ne réalises pas  vraiment. C’est une fois le match terminé que tu savoures, que tu prends conscience de ce qui t’arrive. Même si à Lille, cela a été la toute première, le PSG, cela a été plus fort. Dans les tribunes, il y a mon père, mon frère... Et puis battre cette équipe dans le nouveau stade, c’est très, très fort. Je suis entré en jeu sans me poser de questions, concentré et appliqué sur ce que j’avais à faire pour aider l’équipe. On est prêt pour ces moments ; on ne se focalise pas sur l’adversaire, l’ambiance, le nombre de spectateurs. Il ne faut pas se mettre la pression et le coach nous aide en nous disant qu’il a confiance, qu’il faut oser dans certaines zones... Le plus dur en entrant en jeu ? « C’est de trouver ton second souffle car on est vite asphyxié. Après le match, il y avait une ambiance de feu ; je n’avais jamais connu cela. On sentait vraiment que tout le monde était concerné. Cela va rester un très grand souvenir ».

Le chemin a été long pour en arriver là. Très long ?
« Oui, cela a été long. J’ai beaucoup attendu pour y goûter. Il y a eu des blessures assez sérieuses la saison dernière. Il y a eu en début de cette saison des choix du coach Fournier que j’ai respectés. J’avais fait la préparation avec le groupe pro avec un passage au poste de latéral et puis ensuite, le coach m’a dit qu’il ne comptait pas sur moi. J’ai apprécié qu’il soit franc avec moi, mais cela a été dur de ne plus m’entrainer avec le groupe. Cela m’a fait mal. On a parlé de prêt mais cela ne s’est pas fait. Cela aurait été un moyen de m’exprimer. Cette période a été un mal pour un bien. Il fallait inverser la tendance. J’ai travaillé dans l’ombre pour être performant en CFA pour revenir éventuellement dans le groupe... Cela c’est plutôt bien passé (8 buts en 14 matches. Il y a eu le changement d’entraineur. Cela fait maintenant deux mois que je m’entraine avec le groupe. Je me sens de mieux en mieux, mais il reste du boulot ».

Arrière gauche, milieu, sur un côté plus haut... quel est ton poste de prédilection ?
« Je suis un peu plus à l’aise au milieu dans un 4-3-3 en évoluant soit devant la pointe basse soit juste derrière l’attaquant. J’ai été formé à l’OL en tant qu’ailier gauche. Arrière gauche ? Cela fait partie de mon apprentissage. J’ai saisi cette opportunité... Je me disais que cela pouvait me permettre de jouer... Attaquant ? C’est clair que je ne me sens pas attaquant de pointe. Je n’y ai pas joué... Mes points forts ? Je préfère parler des points faibles. Il faut que je gagne en agressivité (bon sens du terme), que j’améliore mon pied droit en l’utilisant plus ».

Sam Umtiti. J’aime ce qu’il dégage sur un terrain. Il est impressionnant malgré son âge. C’est un plus pour l’équipe.

As-tu un ou des modèles ?
« Il ne joue pas à mon poste. C’est Sam Umtiti. J’aime ce qu’il dégage sur un terrain. Il est impressionnant malgré son âge. C’est un plus pour l’équipe. Après, il y a plein de joueurs que j’apprécie et il y a des choses à prendre chez chacun d’entre eux. Anthony Martial ? Ah lui, c’est un ami. On est toujours en contact. Il m’a appelé après mon match à Lille. Il était content pour moi. Il m’a dit que j’avais beaucoup patienté. Je tiens d’ailleurs à dire que j’ai été bien entouré par mon conseiller, ma famille, mes amis. Cela m’a permis de garder confiance, espoir, de ne pas faire n’importe quoi. Je ne suis pas du genre à faire le beau même si j’ai fait un bon match. J’ai attendu beaucoup, j’ai beaucoup travaillé, j’ai eu des moments difficiles... tout ceci m’a forgé un mental. Le fait d’avoir fait mes débuts en pro, c’est la récompense de mes années de formation, mais ce n’est pas  un aboutissement. Pas question de se relâcher. Le travail, c’est au quotidien ».

Tu as été dans quasiment toutes les sélections de jeunes. Où en es-tu aujourd’hui ?
« C’est vrai j’ai porté le maillot des U16, U17, U18 et U19. On a connu une grosse déception avec l’Euro des U17 alors que l’on avait un super groupe. C’était important de connaitre ces sélections. Le futur (il est né en France d’un père algérien et d’une mère tunisienne)? Je pense d’abord jouer en club. C’est le plus important. Je ne me prends pas la tête avec les diverses possibilités qui pourraient s’offrir à moi. On verra en temps utile ».

Ce match face à Guingamp ?
« Il faut tourner la page du PSG tout en s’appuyant sur ce qui a été fait de bien. On ne peut pas rester éternellement sur cette rencontre. C’est chaque fois autre chose. Pour le podium, tout est possible. Il reste 30 points à prendre. Ce ne sera pas facile, mais avec l’effectif que l’on a, on peut aller chercher la 2ème place ».

« Zak », il est comment en dehors des terrains ?
« Au premier abord je suis réservé. Je fais froid. Mais en fait quand je connais les gens, je ne suis pas du tout comme cela. C’est ma façade. Je fais attention quand je ne connais pas. Sinon, j’aime bien dormir, me reposer. Et après comme les jeunes de mon âge, j’aime les jeux vidéo... Et je suis capable de me lâcher avec mes potes au point de surprendre... ».

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