masculins / OL 1 - Rennes 4

Une soirée à oublier

Publié le 25 février 2006 à 22:31 par BV

Inhabituellement programmée un samedi à 20 heures, bien calée entre un très attendu huitième de finale de Champions League et un très évoqué France – Slovaquie, cette rencontre face à Rennes ressemblait à s’y méprendre à une rencontre de transition.

Après les agitations nées du pied droit de Juninho à Eindhoven ou de la volonté de Raymond Domenech de sélectionner Eric Abidal et François Clerc, elle semblait parée de tous les attributs du match piège.
Les yeux encore emplis d’étoiles européennes, les Gones mettaient du temps à s’extraire de leur moitié de terrain. Engluée dans un dense milieu breton, la meilleure attaque de Ligue 1 tardait à se montrer dangereuse.

15 minutes. Il aura fallu attendre le terme du premier quart d’heure pour assister à la première frappe lyonnaise des pieds de Juninho à 25 mètres. Bien stoppée par Pouplin, remplaçant d’Isaksson, elle demeure anecdotique dans un début de match largement à l’avantage des Bretons. Irrationnelles premières minutes au cours desquelles la plus mauvaise défense de Ligue 1 (41 buts encaissés) prit régulièrement le dessus sur une attaque des Gones, bicéphale pour la seconde fois consécutive en championnat. Après une convaincante pige nantaise vendredi dernier face à Nantes, Karim Benzema était de nouveau aligné en pointe. Malgré cette abondance de biens offensifs, les 20 premières minutes permettaient surtout à Cris de se mettre en évidence. Le nez protégé par un masque de protection, le brésilien était au terme du premier quart d’heure le joueur ayant récupéré le plus de ballons (10).

Annonciateur d’une période de fortes turbulences dans la surface lyonnaise, le premier cafouillage dans les 16 mètres rhodaniens donnait le (mauvais) ton d’une mi-temps que l’OL aura très mal entamée ( 4e). John Utaka (7e) et Perrier Doumbe ( 13e) faisaient passer des frissons dans un Gerland continuellement chantant. Mais c’est le Nigérian que beaucoup avaient annoncé en très grande forme qui se chargeait de concrétiser une très nette domination du milieu breton. D’un coup de tête à bout portant, il trompait Grégory Coupet (20e ). Très remuants sur les ailes, les hommes de Laszlo Bölöni ne relâchaient pas leur étonnante pression. Conscients de l’incertaine solidité de leur défense au sein de laquelle évoluait le Ghanéen John Mensah fraîchement débarqué de Crémonese et le néo-stoppeur Bourillon, ils multipliaient les assauts sur le but lyonnais. Grâce à Yohann Gourcuff (24e) puis John Utaka (27e) les Rennais inquiétaient de nouveau le portier de l’équipe de France et doublaient logiquement la mise. Sur un débordement côté gauche, Hadji transmettait le ballon à Gourcuff qui, à bout portant, donnait un peu plus d’ampleur à la domination rennaise (32e).

Bien mal embarqués, les Lyonnais n’allaient pourtant rien lâcher et parvenaient à revenir au score juste avant la mi-temps sur un penalty transformé par Juninho (38e). Au terme d’un une-deux entre Sylvain Wiltord et Tiago, Nino était stoppé irrégulièrement dans la surface et permettait à Juni d’inscrire son 10e but de la saison. Après une ultime tentative de Fred, au ras du poteau (40e), les hôtes de Gerland rejoignaient les vestiaires avec un but de retard mais de réels espoirs.

A la mi-temps, Gérard Houllier décidait de muscler son entrejeu en remplaçant Tiago, blessé à la cheville, par Djila Diarra puis Diatta par François Clerc, principal centre d’intérêt des médias sportifs depuis l’annonce par Raymond Domenech de la liste des joueurs amenés à disputer la rencontre France – Slovaquie. Pas le temps de toucher un seul ballon pour le latéral droit et John Utaka envoyait Grégory Coupet chercher le cuir au fond de ses filets pour la troisième fois de la soirée. D’une puissante frappe du droit, il donnait deux buts d'avance aux Rouge et Noir (52e).
Poussés par un Gerland à la confiance inoxydable, les Rhodaniens repartaient à l’assaut des buts de Pouplin et quand « Gerland se met à chanter », c’est Karim Benzema qui envoyait sa frappe dans le virage Sud (57e). En bon capitaine, Juninho montrait l’exemple mais ne parvenait pas à attraper le cadre (63e, 75e).

A l’autre bout du terrain, John Utaka confirmait sa très grande forme. Après son triplé réalisé contre Lens la semaine dernière, le Nigérian bissait en trompant Grégory Coupet pour la troisième fois de la soirée sur un centre de Perrier Doumbe bien lancé par l’excellent Kim Kallström (73e). Malgré la déconvenue de ses protégés, Gerland ne cessait d’encourager les siens et était à quelques centimètres d’exulter lorsque Fred, profitant d’une percée de Cris effleurait le poteau d’un tir du droit (82e).

Au terme d’un match solide, les Rennais ultra réalistes enchaînent par une seconde victoire consécutive. Ils laissent surtout aux Lyonnais d’amers regrets au regard de leur bien mauvais début de rencontre. Après leur défaite 3 buts à 1 contre Lille, les hommes de Gérard Houllier concèdent leur second revers de la saison, tous deux à domicile. Si les fondations de la maison lyonnaise sont bien loin d’être ébranlées, les quadruples champions de France devront se reprendre dans une semaine à Ajaccio pour démontrer qu’ils demeurent avec 6 points d’avance sur Bordeaux les principaux candidats à leur propre succession.
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