masculins / OL 4 - PSV Eindhoven 0

Une soirée exceptionnelle

Publié le 08 mars 2006 à 23:15 par BV

Au terme d’une démonstration de football les Lyonnais accèdent aux quarts de finale d’une Champions League dans laquelle ils ne cessent de reproduire des performances hors normes.

Magnifique et terriblement soulageante, la qualification de l’Olympique Lyonnais aux dépens du PSV n’a vraiment plus rien de la revanche tant annoncée. A la victoire, Tiago et les siens ont ajouté la manière, offrant à l’Europe un récital de football.

Au coup d’envoi, malgré la rareté de la performance que se devaient de réaliser les Hollandais, conjuguée à l’invincibilité de 11 matchs du club rhodanien à domicile en Champions League, les craintes demeuraient. Toutes les statistiques du monde ne pouvaient se substituer à l'incertitude du sport et rassurer complètement un public lyonnais, et français, tombé amoureux de son équipe.

Crispant, le début de rencontre était parfaitement mis à contribution par François Clerc pour démontrer aux derniers rétifs l’étendue de son talent. Multipliant les montées sur son côté droit, il faisait se lever un Gerland déjà en ébullition (3e, 5e) et n’hésitait pas à prendre sa chance sans parvenir à trouver le cadre (11e et 16e).
Au diapason de son coéquipier bressan, Juninho effaçait deux Hollandais avant de voir sa balle échoir dans les gants de Gomes (4e). Lorsque advenait un coup franc à 35 mètres, un même espoir s'emparait des spectateurs de Gerland mais la frappe du Brésilien filait trop à droite (8e). Quelques instants plus tard, le natif de Pernambuco commettait l’irréparable en taclant durement Affelay. Intransigeant, Monsieur Riley plongeait les 37 901 spectateurs dans l’effroi en donnant au capitaine rhodanien un carton jaune synonyme de suspension pour le quart de finale aller (13e).

Afin de se mettre définitivement à l’abri, l’OL repartait à l’attaque. John Carew dévissait sa frappe (14e) tandis que Florent Malouda, quelque peu libéré de ses tâches défensives, prenait régulièrement le dessus sur un Théo Lucius étrangement fébrile. Sa frappe du pointu était trop molle pour inquiéter Gomes (17e). Une mollesse dont Affelay ne s’embarrassait pas pour devenir le remplaçant idéal d’Ooijer dans le rôle du meilleur compagnon de jeu de "Maloud" (19e). Sur une de ses énièmes chevauchées, le Guyanais délivrait un centre en retrait parfait pour Tiago qui ouvrait le score à bout portant et traversait tout le terrain à grandes enjambées pour enlacer Fred fraîchement « paternisé » (27e). Malgré un avantage conséquent, l’OL ne se contentait pas de défendre et Carew trouvait les gants de Gomes (29e) puis les cieux après un nouveau centre de Florent Malouda (41e).
Nino était à quelques centimètres de reprendre une passe d’ Eric Abidal pendant que Tiago, omniprésent dans cette première période, débordait sur le côté droit et centrait pour Juninho dont la frappe du droit heurtait le poteau après une superbe parade de Gomes ( 36e). Exceptionnelle première mi-temps pour le Portugais qui doublait la mise après un coup franc de Juni renvoyé dans l’axe par la défense batave. Du gauche, l’ancien joueur de Chelsea rapprochait un peu plus le club Rhodanien des quarts de finale et recevait l’ovation nourrie de Gerland (45e+1). Les « Tiaaaago » se mêlant aux « Qui ne saute pas n’est pas Lyonnais », les Olympiens rejoignaient les vestiaires avec deux buts d’avance au cours d’une première période qu’ils auront parfaitement maîtrisé. Tout au plus pouvaient-ils se reprocher un instant d’égarement qui permettait à Farfan puis Koné de tenter leur chance mais ils se heurtaient successivement à Coupet puis Abidal (23e).
Culina s’évertuait à faucher Juninho et Cocu, pourtant le joueur cumulant le plus de matchs en Champions League (113), se laissait aller à quelques excès de virilité et quittait ses partenaires peu avant la pause après un tacle plus qu’appuyé sur la cheville de Clerc (41e).

Si la première mi-temps de l’OL avait été celle de la confirmation, la seconde sera celle de la sublimation. Clerc centrait sans réussite (55e). Malouda, décidément intenable délivrait deux passes lumineuses à Sylvain Wiltord mais Nino ne parvenait pas à reprendre dans de bonnes conditions (55e et 62e). Koné vivait une terrible soirée et lorsqu’il délaissait son gendarme brésilien trouvait un Müller irréprochable (63e).

De son côté, Cris enflammait Gerland. A ses traditionnelles anticipations géniales, il ajoutait des débordements « clerciens » (64e) ainsi qu'une frappe en position d’avant centre (75e). En plus des habituels « Cris, Cris, Cris », il déclenchait une très rare mais non moins méritée ola.
Pour transformer cette soirée inoubliable en événement mythique, Tiago offrait un caviar à Fred dont la frappe déviée par Gomes retombait dans les pieds de Wiltord qui donnait un peu plus d’ampleur à la victoire Lyonnaise (72e).

Nanti de trois buts d'avance à un quart d'heure de la fin, Gérard Houllier offrait au double buteur ainsi qu'à son capitaine des sorties royales. Gerland gratifiait ses héros, Juninho (76e) et Tiago (80e) de vibrantes standings ovations.

Malouda centrait une dernière fois (88e) et Fred inscrivait d’une frappe du gauche après un magnifique geste technique ce but que tous lui souhaitaient tant le jour de la naissance de sa fille (90e). Une tétine à la bouche, il clôturait de superbe manière ce 40e match de la saison des Gones. Un quarantième rugissant !

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