masculins / Pascal Dupraz

"Vouloir rester en Ligue 1, c’est une belle ambition"

Publié le 18 janvier 2013 à 09:00 par BV

Vendredi, c’est dans la peau du premier relégable qu’Evian TG rendra visite à l’OL. Une situation compliquée que l’entraîneur savoyard affronte sans louvoyer

Dans quel état d’esprit êtes-vous après la défaite à domicile contre Brest le week-end dernier (0 – 2) ?
Il ne faut pas se demander comment on va, il faut reprendre le chemin de l’entraînement avec enthousiasme, se dire que l’on a perdu le week-end dernier un match très important pour nous, que les faits de jeu ne nous ont pas été favorables puisque l’on s’est retrouvé à 10 après l’expulsion de notre gardien, mais que, malgré tout, on a eu le monopole du ballon, on s’est créé beaucoup d’occasions. Il faut essayer de puiser dans cette défaite des motifs de satisfaction, même si, lorsque l’on s’est réveillé lundi matin, on était relégables. Il faut repartir de l’avant et se dire qu’il y a encore 18 matches pour réaliser notre objectif qui est le maintien.

Le fait d’être relégable change-t-il quelque chose dans votre quotidien ?
A la fin du match, j’ai senti les garçons très abattus, conscients qu’ils avaient fait le maximum. On ne fait pas partie des cadors du championnat, mais lors de notre dernier match, on a singulièrement manqué de chance. Toutefois, il faut faire preuve de réalisme : si l’on se situe là où l’on est, il y a quand même une logique. On aurait préféré avoir un matelas confortable sur les premiers relégables avant d’aller à Lyon. Je ne pense pas que l’on ait la faveur des pronostics pour ce match, mais ne me faîtes pas dire pour autant que l’on va à Lyon en victimes expiatoires, ce serait ne pas respecter notre métier ni l’OL.



Vous attendiez-vous à souffrir autant cette saison ?
On entend souvent dire que la seconde saison de Ligue 1 est la plus difficile. Je luttais contre cette formule toute faite. On surfe ici sur une vague de résultats très positifs depuis quelques années, de façon très constante, puisque l’on est passé de National et Ligue 2, puis en Ligue 1 dans la foulée. Notre première saison en Ligue 1 s’est déroulée sur cet élan-là, avec une véritable envie de croquer la Ligue 1 à pleines dents. Cet enthousiasme nous a permis d’être très rarement dans la zone de relégation. Cette saison, on est mal partis, on s’est rapidement retrouvés décrochés, ce qui a contribué au changement de coach, malgré le fait que Pablo (Correa) soit un très bon entraîneur. Depuis, chaque fois que l’on peut sortir la tête de l’eau, on n’arrive pas à confirmer, à enchainer deux bons résultats consécutifs pour emmagasiner la confiance indispensable à tout sport.

Qu’est-ce qui vous manque aujourd’hui ?
Dans le jeu, on est rarement ridicules. Mais on est défaillants dans la constance, dans la rigueur de tous les instants, comme à Nice où l’on mène (0 – 2) avant d’être rejoints puis battus dans les arrêts de jeu (3 – 2), comme à Valenciennes, où l’on encaisse un but juste après avoir été réduits à 10 (2 – 1). On manque de concentration, de rigueur. Mais ce n’est pas parce que l’on en manque aujourd’hui que l’on va toujours en manquer. Il reste 18 matches, il faut travailler là-dessus. Ce n’est pas manquer d’ambition ou déshonorant d’être en difficulté, de lutter pour le maintien au bout de 18 mois en Ligue 1. Vouloir rester en Ligue 1, c’est déjà une belle ambition. On ne doit pas avoir d’autre espoir. On doit mettre notre budget en face de notre classement, ainsi que le fait que l’on est le club le plus inexpérimenté de la Ligue 1.



Que pensez-vous de l’Olympique Lyonnais ?
L’Olympique Lyonnais repris par Jean-Michel Aulas correspond à mes dernières années de joueur professionnel. De plus, ma mère était lyonnaise, née à la Croix-Rousse. Même si je suis savoyard à fond, lorsque j’entends dire du mal de l’OL, je trouve cela illogique car c’est d’abord un club exemplaire, un club auquel on voudrait modestement ressembler un jour, qui travaille beaucoup sur la formation, un club qui a gagné des titres. Il va falloir attendre au moins sept saisons pour que le PSG fasse aussi bien que l’OL. C’est la seconde saison des Qataris à Paris, mais ce n’est pas si évident que cela pour eux, car l’OL est déjà de retour.

Même si je suis savoyard à fond, lorsque j’entends dire du mal de l’OL, je trouve cela illogique car c’est d’abord un club exemplaire

Quel résultat espérez-vous ramener de Lyon ?
Je vais peut-être paraître présomptueux mais à chaque fois que l’on dispute un match, il n’est pas écrit que l’on va le perdre. Dans ce cas-là, il ne servirait à rien de le disputer. Et rien ne nous dit que l’on ne va pas le gagner, même si l’on sait que la tâche est ardue. On n’a pas pris de point lors de nos trois derniers matches, la situation est tendue, notre objectif est donc de ramener quelque chose de Lyon, comme ce sera le cas partout où l’on jouera jusqu’à la fin de la saison.

Vous avez connu vos premiers mois à la tête d’une équipe de Ligue 1. Comment les avez-vous vécus ?
Je savais que cela allait être difficile. Mais c’est le club de mon cœur, j’y ai entraîné depuis l’Honneur jusqu’en National, cela fait 23 ans que j’y suis. Je me suis mis en danger, mais j’assume. Quand on m’a confié cette responsabilité, je n’étais pas obligé d’accepter. Je m’accomplissais dans mon rôle de directeur sportif, j’avais vraiment abandonné l’idée d’entraîner, mais on ne vit qu’une fois, et lorsque l’on m’a proposé ce challenge, je me suis dit qu’il fallait que je réponde à l’attente de mes dirigeants. La tâche est difficile, mais ce n’est pas plus dur que ce que j’imaginais. Je ne m’attendais pas à ce que les contours de nos productions, notre classement changent tout d’un coup. J’ai la responsabilité de l’équipe, j’assume. Et si le club venait à descendre, j’en assumerais les responsabilités. En tout cas, c’est mal me connaître que de penser que je fuirais mes responsabilités. 