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Vous êtes vraiment formidables...

Publié le 04 novembre 2004 à 09:59 par R.B

[IMG3687L]« Vous êtes vraiment formidables »… une façon pudique de vous dire que l'on vous aime comme vous êtes, et au travers de ce que vous faites. Marchands de bonheur, d'émotions multiples, vous ne faites quasiment rien dans la facilité depuis le début de saison ; mais vous ne lâchez rien dans l'adversité de vos propres manques, de la malchance, de la valeur de vos opposants. Ces tenues de gala à répétition passent le plus souvent par le bleu de chauffe...

« Vous êtes vraiment formidables »… une façon pudique de vous dire que l'on vous aime comme vous êtes, et au travers de ce que vous faites. Marchands de bonheur, d'émotions multiples, vous ne faites quasiment rien dans la facilité depuis le début de saison ; mais vous ne lâchez rien dans l'adversité de vos propres manques, de la malchance, de la valeur de vos opposants. Du talent certes, mais aussi du travail. Ces tenues de gala à répétition passent le plus souvent par le bleu de chauffe. A l'OL, on mouille le maillot. Il n'y a pas de suffisance, de mépris, de laisser-aller, de morosité. Essien avale des bornes comme un marathonien, marque des buts, récupère, passe, presse… et il sourit comme un nouveau né. A peine un match terminé, il est déjà prêt à recommencer. Enorme de simplicité. Mickaël, un exemple parmi tant d'autres.



Le club grandit au fil des ans ; des joueurs «indispensables » partent ; d'autres arrivent ; la trajectoire ne s'infléchit pas… bien au contraire. Après la remontée en Ligue 1, l'apprentissage, les places d'honneur, une Coupe de la ligue, 3 titres de champion de France, un ¼ de finale de Champions League… le tout sans beaucoup de reconnaissance affective. Aujourd'hui, qui parle encore de la froideur lyonnaise, de ce manque de grinta, de cette absence d'émotions à partager… On vous le dit, on vous le répète depuis plusieurs semaines : ce changement se perçoit au quotidien. Paul Le Guen n'est plus le même. Mis en confiance par ses succès, sa vie lyonnaise, il a ouvert un peu les portes de sa personnalité. Les sentiments sont enfin exprimés, toujours avec un peu de timidité. Son plaisir, comme celui d'Yves Colleu, après une séance d'entraînement de qualité, il faut l'avoir vécu pour affirmer qu'il a ces différences de comportement. Comme il fallait assister à la conférence de presse mardi dernier pour en être encore plus convaincu.



Chacun met, a mis sa pièce dans la machine du bonheur, des résultats. Cela vous file le coup de pouce gagnant qui peut faire 3 points au lieu de 1, voire de rester invaincu alors que se dessinait la défaite. Cela donne des coaching payants… des buts dans les arrêts de jeu… des images inoubliables… une envie de continuer malgré la fatigue… malgré les blessures de joueurs leaders (Elber, Cacapa, Wiltord, Coupet ?). On découvre la valeur des nouveaux Gones ; on perçoit la progression de garçons qui ne nous avaient pas forcément emballé jusque là. Comment ne pas citer Anthony Réveillère qui enchaîne les matches de qualité en distillant notamment des centres décisifs ou très dangereux.



Face aux Turcs de Fenerbahçe, les Lyonnais n'ont pas réalisé leur match le plus abouti de la saison ; loin s'en faut. Longtemps, on a trépigné devant les à-peu-près individuels et collectifs ; fustigeant tel choix, tel comportement, telle absence de ci ou de çà… Mais quand, un groupe refuse l'idée de ne pas l'emporter avant d'avoir donné son dernier souffle de vie, on balaie dans un premier temps les imperfections constatées. « Juni », on a plus vu la longueur de ses cheveux, pendant la grande majorité des débats, que la brillance de son jeu. Et puis… ce diable de bonhomme a tout changé, illuminé par son esprit de compétition, sa soif de victoire. Le môme Nilmar méritait ce rôle de Zorro. En 70 minutes en 4 matches de Champions League, il a marqué 2 buts en 4 tirs et les 2 autres… c'étaient 2 occasions franches de but. Malouda va bien finir par se retrouver du côté de la bonne porte tricolore en bossant de plus en plus intelligemment et en devenant réaliste sur un terrain… On ne va pas refaire le match, les matches… On souhaite simplement que le genou de « Greg » ne soit pas trop touché ; un « Greg » qui pour une fois n'a pas trop été dans le ton.



Il y a les joueurs, les entraîneurs, le président, de plus en plus dans le vrai, les dirigeants ; et aussi les supporters avec ce formidable Virage Nord en chef de meute, on oublie les écarts de langage. Ils ont réussi un sacré match. Tout ceci fait que nous nous apprêtions à quitter Gerland avec pas mal de frustration… avant la fin que l'on sait. Qui ose affirmer encore qu'un match de football n'est pas un spectacle ?



Ce jeudi, il faudra plus penser à récupérer qu'à savourer. Lens attend samedi les Champions, puis Lille, Nantes… avant de repartir sur les chemins de l'Europe. Le Vieux Continent ? Ce sera pour la finale du groupe D en Angleterre ; à Manchester ; sur la pelouse d'Old Trafford… dans la cour d'un très grand. Ce moment là, pas question de le manquer. Avant de jouer un nouveau 1/8ème de finale en février prochain, rencontrer les Mancuniens chez eux, peut-être l'occasion de frapper encore plus les esprits.



R.B

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