masculins / Pendant la trêve

W comme … Wiltord.

Publié le 28 juin 2007 à 10:00 par BV

« Déjà fait la saison dernière ! » « Eculé ! » « Sans imagination ! » Surtout, après sa saison « en demi-teinte »… Les objections ne manqueront pas au moment de commenter le choix de « Nino » pour illustrer la vingt-troisième lettre de l’alphabet.

Certes, il y avait également Winnie. Plus certainement, Waterloo aurait tout aussi bien fait l’affaire… Avec Luciano Spalletti dans le rôle de Wellington... Il est vrai que la dernière bataille continentale conduite par Gérard Houllier, qui avait auparavant mené Liverpool au succès, porté l’OL jusqu’en quarts de finale en 2005/2006 et réalisé une phase de poules riche de promesses, demeurera comme une tâche indélébile sur cette saison 2006/2007. A cette formation taillée pour les plus beaux succès, d’aucuns prédisaient un printemps continental fleurissant. Restait donc « juste » aux Rhodaniens à franchir l’obstacle romain pour continuer à exporter sur les terrains d’Europe leur jeu collectif chatoyant et ne pas circonscrire leur domination aux frontières désormais trop étriquées de l’hexagone. A la croisée des ambitions : « D'un côté c'est l'Europe, et de l'autre la France ! »
Le match nul 0 à 0 ramené de Rome laissait pourtant augurer d’une tout autre fin. A Gerland, après 45 minutes de jeu, « l'espoir changea de camp, le combat changea d'âme ». C’est le moment choisi par Gérard Houllier pour faire entrer en jeu Sylvain Wiltord. Mais la volonté et la soif de victoire du numéro 22 olympien ne suffirent guère. Dix jours plus tôt, lancé à la pause, « Nino » avait pourtant sauvé les siens d’un désastre annoncé, à domicile contre Sochaux, en réduisant le score dans les arrêts de jeu avant d’être à l’origine du pénalty qui permit aux Lyonnais d’arracher le match nul (3 – 3).

S’ensuivit une fin de saison difficile pour celui qui avait enthousiasmé et conquis Gerland lors de ses deux premières années entre Rhône et Saône. Seulement titulaire à trois reprises lors des douze dernières rencontres, il fut laissé à Lyon lors du déplacement à Paris le 6 mai 2007 puis ne réapparut plus sous le maillot olympien. Un épilogue en queue de poisson. Bien éloigné de ses cinq premiers mois de la saison qui lui avaient permis de « scorer » à quatre reprises des buts décisifs, notamment à Bordeaux, à Sochaux et au Mans, et de martyriser le PSG (un but en championnat et un doublé en Coupe de la Ligue dans les arrêts de jeu).

[IMG42190#R]Durant trois saisons, « Nino » a, à n’en pas douter, marqué l’histoire de l’OL : cela mérite bien une lettre ! Avec 20 buts en 82 matchs de Ligue 1, le natif de Neuilly-sur-Marne a grandement contribué à l’obtention de ses trois titres nationaux. Mais son influence ne se résume pas à ce seul ratio. Car Sylvain Wiltord est avant tout un joueur polyvalent, capable d’évoluer sur tout le front de l’attaque, un joueur qui « fait gagner des matchs ». Un formidable compétiteur qui a remporté cinq championnats nationaux en six ans (Arsenal ayant terminé second de la Premier League en 2003). Attaquant instinctif à la prise de balle déterminante, l’ancien Gunner se distingue avant tout par sa capacité à faire le geste juste au moment opportun. A l’image de cette anticipation géniale sur la pelouse détrempée de Sochaux ou cette feinte de corps inouïe à Prague (saison 2004/2005) : il est de la race des joueurs qui sentent le football… Et se surpassent devant l’enjeu… C’est là certainement sa principale caractéristique : il abhorre la défaite. Leader d’entraînement hors pair, il ne renonce jamais et symbolise à merveille ce refus d’abdiquer qui habite le groupe lyonnais.

Sylvain Wiltord sera-t-il lyonnais à la reprise le 2 juillet 2007 ? Rien n’est moins sûr. En tout cas, s’il venait à rester, il est permis d’imaginer, dans un futur pas si utopique, qu’il soit, lors des derniers tours de Ligue des Champions, lorsque la rage de vaincre et l’expérience font la différence, à la retombée d’un coup franc de Juninho…