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Avec le cœur pour moteur

Publié le 30 juin 2014 à 09:31 par RB

Michel Audrain, adjoint d’Hubert Fournier au Stade de Reims, a intégré le staff lyonnais... Retour sur le parcours professionnel de ce breton… découverte de ses motivations… et de quelques traits de sa personnalité…

53 ans en novembre prochain pour ce breton né à Rennes, fier de ses origines sans en faire une «fixation ». « Je ne suis pas plus têtu qu’un autre. Je suis simplement attaché à cette région qui a des valeurs et offre une belle qualité de vie. La Bretagne représente mes racines. J’adore la mer, elle me manque au bout de trois/quatre semaines… Si j’avais pu faire toute ma carrière en Bretagne, je l’aurais fait ».

Sa carrière a été très riche. Il est dans le milieu depuis 1979. Joueur, puis entraineur. Joueur (milieu offensif) pendant 14 saisons du SCO Angers au FC Annecy en passant par les Girondins, l’OM, Laval, Rennes, Quimper. «Mes meilleures années ? Entre 22 et 25 ans avec les Girondins de Bordeaux où j’ai été deux fois champion de France. Après, je n’ai pas fait forcément des choix de carrière qui me correspondaient et je me suis moins mis en avant. J’ai évolué en D2 sans pouvoir revenir au niveau supérieur. Il m’a manqué certainement cette agressivité dans mon jeu. Aimé Jacquet, mon entraineur aux Girondins, me le disait un peu comme il l’a fait avec Robert Pires ». Un parcours pro qui s’est terminé par deux dépôts de bilan à Quimper et Annecy. « Cela n’a pas été facile, mais je me suis enrichi de ces expériences ».

A 31 ans, il quitte la scène professionnelle. Entraineur/joueur dans un club amateur en guise de transition avant de passer complétement de l’autre côté de la barrière. « Cette vocation d’entraineur, je l’ai eu vers 27/28 ans. Les entraineurs que j’ai côtoyés m’ont donné cette flamme. J’ai commencé à passer mes diplômes… ». A divers titres, Michel se retrouve au SCO Angers, l’ASSE où il découvre l’importance du derby, Laval, Lorient, l’ESTAC. « Ma première vocation, c’était de m’occuper des jeunes (il a été notamment responsable de centres de formation). Après, il y a des opportunités… ». Tiens, dans son CV, il y a ce poste honorifique de sélectionneur de l’équipe de Bretagne en 2011 : « une fierté ».

Ce breton se dévoile avec sincérité pour expliquer son parcours professionnel. « J’ai besoin de challenges. Je marche aux coups de cœur. Il faut que je me sente épanoui. Je préfère partir quand je ne me sens plus bien. Il faut dire aussi que je suis impatient ce qui explique certainement cette forme d’instabilité… ». Il y a aussi son exigence : « je ne suis jamais content… ». Impatience en forme de défaut qu’il avoue. Quant aux qualités ? « Je crois avoir un contact facile. J’aime les échanges, la franchise. Elle fait avancer. Je n’aime pas l’hypocrisie. Je suis respectueux, fidèle… Je pense faire preuve d’humilité…».

Sa carrière ne l’a pas mis en avant, il fut pourtant international espoir, cela explique-t-il son statut d’adjoint ? «Cela correspond certainement à mon caractère. Numéro 2, je suis très bien. C’est aussi une question d’opportunités… Je ne force pas le destin… ». Il est donc l’adjoint d’Hubert Fournier depuis la saison 2013-2014. « J’étais en fin de contrat. Je l’ai appelé en ayant su qu’il avait des problèmes à Reims en 2012-2013 avec son adjoint… Hubert, je l’avais côtoyé ainsi que Gérald (Baticle) quand on préparait notre diplôme d’entraineur. Il a pris son temps avant de me dire oui. J’étais d’ailleurs sur le point de m’engager avec Boulogne (National). Cela s’est bien passé à Reims et il a souhaité que je l’accompagne à l’OL où il y avait déjà un staff en place. Il faut apprendre à se connaitre, ne pas se marcher dessus. Je n’ai pas de craintes, car les gens sont intelligents. Le but, c’est d’avancer ensemble. Le rôle d’un adjoint est important. C’est fini l’époque, où il mettait les cônes… L’adjoint fait les séances d’entrainement… s’exprime. Dire amen à tout ? Non plus… ». L’adjoint doit inspirer confiance, se montrer rassurant, positif ; l’adjoint existe. « J’ai envie de me montrer par mes compétences… ». Une devise ? « Non, mais je dis souvent que le talent ne suffit pas et que le travail paie ».

Aimé Jacquet comme entraineur, Alain Giresse et Bernard Lacombe (avec qui il a joué et qui lui a permis de progresser), les Girondins de Bordeaux ont marqué Michel. Le foot en forme de passion. « Je n’ai jamais eu l’impression de travailler. C’est un métier magnifique. Mais je reconnais que c’est usant. On est un peu maso. Il faut savoir se ressourcer même si c’est difficile d’avoir d’autres passions… ». Il a laissé tomber la raquette de tennis. Un peu de bateau, des randonnées pour refaire le plein d’énergie. Et de conclure : « il y a un an, je n’aurais jamais imaginé me retrouver à l’OL… ». Encore un autre challenge à relever.

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