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Christophe Delmotte "J'ai l'impression d'être un Gone"

Publié le 20 mai 2004 à 16:23 par A.T

[IMG1585L]Derniers jours d'entraînement à Lyon pour Christophe Delmotte, qui, en fin de contrat, quittera l'OL après le dernier match de la saison. "Il y a un peu de nostalgie, j'ai un peu l'impression d'être un Gone"... Un entretien à ne rater sous aucun prétexte !

C'est ta dernière semaine à Lyon …

Je l'avoue, c'est un peu difficile. Chaque jour qui passe et c'est un peu de l'aventure qui se termine. Il y a un peu de nostalgie. Et si je pouvais avoir un objectif, ce serait celui de pouvoir jouer un peu dimanche.



C'est un rêve ?

On ne peut pas parler de rêve, d'autant qu'il y a d'autres personnes qui méritent de jouer, rapport à ce qu'ils ont fait cette saison. On verra bien ce qui va se passer.



Tu fais figure d'ancien à Lyon, avec Greg ?

Greg est arrivé 6 mois plus tôt, lors du mercato. On est là depuis quelques années déjà. Et pour moi, c'est le club dans lequel je suis resté le plus longtemps. J'ai grandi avec l'OL, c'est vrai. Tout a commencé avec l'Intertoto et puis le Président a bien su mener sa barque pour en faire un paquebot, maintenant. Avec Greg, nous avons été à l'origine de toute cela.



Tes plus beaux souvenirs sont ici ?

Je ne renie aucunement mes origines nordistes, mes années à Lens, Sedan ou Cannes. C'était des années merveilleuses. Mais bon, les années de l'OL m'ont plus apporté. J'ai eu la chance de jouer dans des stade pleins, des ambiances extraordinaires, avec des matches de haut niveau.



Si tu dois garder une image ?

Le but contre St Etienne, en 2000 dans les derniers instants. Il reste gravé dans ma mémoire et dans celle des supporters, je l'espère. Il y en a eu d'autres, comme en Turquie à Fenerbahçe. Mais celui-là, quand même. Il a une saveur particulière. C'était quand même un derby.



Depuis 1997, comment as-tu vu le club grandir ?

Ce que je retiens, c'est cette progression, marche après marche. Le Président Aulas, chaque année, par un recrutement savant de deux ou trois éléments, a fait grandir son équipe et son club. Certains voulaient peut-être toute de suite et plus, mais lui a fait cela de manière intelligente. Et on voit le résultat.



Personnellement, c'est intéressant dans une carrière de grandir, comme grandit le club où l'on est ?

Oui, car, sans se jeter des fleurs, il y a cette satisfaction de se dire qu'on a participé à cela.



Chaque début de saison, il y a cette pression exercée par le Président. Mais au final, avec la Coupe de la Ligue en 2001 puis les trois titres, on se dit que c'est un bien ?

C'est par cette ambition là qu'on arrive là où l'on en est en fin de saison, avec des titres à chaque fois !



De ton côté tu sors d'une année blanche…

C'est une année blanche. Mon talon va mieux et j'espère que je vais rebondir ailleurs, car on dit souvent quand on est blessé, cela fait reculer la carrière d'un an. J'espère que ce sera le cas.



Tu as envie de continuer ?

Je me sens physiquement et mentalement, les capacités de continuer. J'espère donc rebondir quelque part. Cela bougeotte un petit peu, mais s'il n'y a rien de précis. Si j'ai la possibilité de rester en Ligue 1 … ce sera de toutes les façons, mon dernier contrat.



Tu as pensé ranger les crampons ?

Si le mois de vacances me fait dire que le pied n'est pas génial, mais je n'ose même pas l'imaginer, alors, à ce moment là, il faudra peut-être tourner la page. Mais je ne pense pas que c'est l'année de trop, ou les années de trop. J'ai vraiment encore cette volonté et comme je suis arrivé à 22 ans dans le milieu pro, je ne suis pas encore usé.



La reconversion ?

Oh là, j'ai envie de penser encore au foot !



Ta marque de fabrique, ce sont ces buts à la dernière minute, cette volonté de ne rien lâcher. C'est la marque de fabrique « Delmotte » ?

Je le pense. Cette année, souvent, les supporters m'apostrophaient pour me dire : « Tu manques dans ta volonté, ton abattage. » C'est par forcément péjoratif. Et je ne le prends pas comme tel. C'est ma force, ce « physique », sans que je sois un « bourrin » ! Et je vois que cette qualité a marqué les supporters. C'est sympathique.



Robert Duverne a tenu à te faire un clin d'œil au retour de Paris, avec cette rencontre avec un certain Eddy Mitchell…

C'est extraordinaire. Quel signe du destin ! D'être champion, de le rencontrer et de se dire qu'à chaque fois, au balcon, on chante le Boogie Woogie ! C'est incroyable. D'ailleurs je n'y croyais pas.



A quelques heures de la fin, il y a de la nostalgie ?

Forcément ! Quand il faudra enlever l'étiquette du placard. Cela fait partie de ma vie. J'ai l'impression d'être désormais, « un Gone ».



A.T

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