masculins / OL Champion

Revue de presse OL Champion

Publié le 24 mai 2004 à 21:12

Par Jacques Donnay : "Le champion Lyon, s'est bâti avec patience et méthode"

Aujourd'hui

Lundi 17 mai 2004




L'OL a longtemps fait figure de nain dans l'univers du football hexagonal. L'éternel loser, qui n'avait jamais guère que trois coupes de France pour habiller une armoire aux trophées faméliques… Difficile d'imaginer qu'un jour ce club serait le plus puissant. Difficile d'imaginer qu'un homme pourrait transformer cette formation "gentillette" en "machine à gagner."

Et pourtant le triomphe de l'OL, c'est avant tout celui de la méthode Aulas. "Le changement, c'est son arrivée à la tête du club" s'enflamme Bernard Lacombe. (…)

sa méthode repose sur trois piliers : les hommes, la patience et l'argent…"







(AFP)Lyon : Aulas - "une équipe formidable"

lundi 17 mai, 9:47 PM




Le président de l'OL, Jean-Michel Aulas, est naturellement très heureux, malgré la défaite à Paris (1-0). Contrairement à l'an passé, il espère que Lyon va terminer en beauté sur sa pelouse : "Dimanche ce sera une fête formidable, annonce t-il sur OL TV. On l'avait gâchée l'an dernier, on avait trop fêté avant le dernier match. Mais cette année nous allons préparer le dernier match. Beaucoup de joueurs sont en sélection cette semaine, ils le méritent." Aulas est soulagé d'avoir quasiment remporté le titre dès ce week-end car la dernière journée s'annonçait délicate : "Heureusement Rennes nous a aidés, car je crois que nous aurions été en difficulté si on avait dû gagner ce dernier match face à Lille. Aujourd'hui je pense aux supporters, à la ville de Lyon, qui depuis 10 ans a réussi au niveau du football à se hisser sur le toit de la France et du football. Il a fallu supporter des injustices, des vexations cette année, heureusement je suis entouré d'une équipe formidable, Paul le Guen, son staff, ses joueurs."







LYON (Reuters)

Ligue 1: Jean-Michel Aulas, un bâtisseur insatiable

sam 15 mai, 10:27 PM




- Président de l'Olympique Lyonnais depuis 1987, Jean-Michel Aulas a hissé son club de la deuxième division à un troisième titre consécutif de champion de France en 2004, en attendant le parcours rêvé en Ligue des champions.

A eux seuls, les chiffres parlent : "il y a 17 ans, le club était en D2, se souvient le président, avec un budget de 2,29 millions d'euros et un déficit chronique de plus d'un million. Aujourd'hui, on a 80 millions de revenus, et 35 millions de situation nette positive."

Autres données qui claquent : le club est passé de trois salariés à temps plein à une centaine de collaborateurs. Qu'il semble loin le temps (1988) où JMA doit céder son meilleur joueur - Laurent Fournier - à Saint-Etienne parce qu'il ne peut pas lui assurer les 60.000 francs mensuels proposés par le voisin et néanmoins ennemi.

Pourtant, déjà à l'époque, il affiche son ambition : "nous serons européens dans trois ans", lance-t-il à peine remonté dans l'élite. Il inscrit d'ailleurs "Lyon, ville européenne" sur le maillot quand il n'a pas encore de sponsor.

"Nous visons le titre", martèle-t-il à chaque début de saison. "Nous gagnerons la Coupe de l'UEFA", rebondit-il après les éliminations 2002 et 2003 en Ligue des Champions.

"LA POPULARITE DE POULIDOR, LE PALMARES D'ANQUETIL"

Et forcément, quand il y a décalage entre les propos présidentiel et la réalité, l'opposition se gausse qualifiant l'OL de "Poulidor du foot français". Il rétorque aussi sec : "si nous pouvons avoir la popularité de Poulidor et le palmarès d'Anquetil, je prends tout de suite".

Car Jean-Michel Aulas tient dans cet échange : calculateur pour ses adversaires, visionnaire pour ses fans. Lui vous répondra qu'en tant que chef d'entreprise, il se doit d'avoir toujours un coup d'avance.

Si le handball a toujours été sa passion, le football et l'OL sont devenus sa raison d'être depuis ce printemps 1987, quand le petit industriel qui monte prend sous les conseils d'un certain Bernard Tapie, les rênes d'un club qui végète en deuxième division.

Avec lui à sa tête, l'OL taille sa route, lentement mais sûrement, avec à chaque étape un apprentissage : "Notre progression est continuelle, et le risque de faire moins bien chaque année augmente. Mais nous avons choisi de regarder devant, en toute connaissance de cause".

Car fort de la prédiction de son ami Louis Nicollin, le président lyonnais de Montpellier - "L'OL sera le club des années 2000" -, Jean-Michel Aulas s'est toujours présenté comme un bâtisseur affamé et insatiable.

Car de son credo, qui pourrait être patience et longueur de temps, jamais il ne déroge : "nous étions certains de décrocher un jour des titres, avec cette façon d'opérer, mais nous ne savions pas quand", lâche-t-il en mai 2002, juste avant le premier titre.

AMBITION CHEVILLE AU COEUR ET AU CORPS

Cette phrase résume à elle seule la marque de fabrique du président de l'OL, par ailleurs patron fondateur de la CEGID, société spécialisée dans les logiciels, qui emploie 1.500 personnes dans le monde.

Et tant pis si cette certitude dérange, mais cette recette pétrie d'ambition et d'audace, n'oublie jamais ni le travail, le modernisme. Car désormais, il gagne : une Coupe de la Ligue en 2001, puis trois titres de Champion de France en 2002, 2003 et 2004.

L'ambition chevillée au coeur et au corps, il a toujours le geste juste, prêt à toucher qui il veut titiller. Celui du millésime 2004 remonte au mois d'avril, au lendemain de l'�limination en Ligue des Champions et à la veille du déplacement de son équipe à Strasbourg.

Petits fours et champagne pour remercier ses joueurs d'un quart de finale européen - objectif de la saison atteint mais rêve évanoui - et un invité surprise : le trophée récompensant les titres 2002 et 2003, avec les phrases choc qui vont avec "il faut tout faire pour qu'il reste dans notre armoire".

Entre pass� proche et futur qu'il veut encore victorieux, cela fait mouche : les Gones reviennent victorieux de Strasbourg et confortent leur rôle de patron du football français.

"J'ai encore faim", répète-t-il, le regard toujours fixé sur l'horizon. S'est-il fixé un sommet ? L'Europe ? "Nous pouvons la gagner un jour", rêve-t-il.

"Quand on voit le chemin, on constate bien qu'on a changé de sphère, mais ce n'est pas pour cela qu'on est sûrs de nous. Notre acquis ne nous donne aucune certitude. Juste les bases pour progresser."

CQFD. Jean-Michel Aulas reste bien un bâtisseur insatiable.



Football365

Et de trois !

24 mai 2004 - Aurélien CANOT


Les satisfactions

Lorsque l'Olympique Lyonnais, qui venait tout juste de remporter la Coupe de la Ligue (2001), a été sacré pour la première fois de sa série (toujours en cours), on lui promettait l'enfer pour la remise en jeu de son titre. Les Lyonnais étaient finalement parvenus à réaliser l'exploit d'être de nouveau lauréats la saison suivante. Cette saison, tout le monde s'accordait donc à clamer haut et fort à l'avance que, même si impossible n'était pas OL, il fallait être fou pour penser que les Lyonnais monteraient sur la plus haute marche du podium une troisième fois consécutive. C'est pourtant ce qu'a réalisé une équipe de Lyon soudé autour du sage Paul Le Guen et du toujours aussi piquant Jean-Michel Aulas. Un président lyonnais qui a en plus goûté au bonheur d'ajouter la cerise sur le gâteau. Pour la première fois de son histoire, Lyon – éliminé par le FC Porto – a en effet réussi à atteindre les quarts de finale de la Ligue des Champions.





Les cahiers du football

Champion à plus d'un titre

Jamel Attal - lundi 17 mai 2004




Lyon, trois fois Lyon : l'OL écrit sa légende à sa façon et à son rythme, mais il est irrésistible.

Le mot que nous avons le plus souvent accolé à l'Olympique lyonnais cette saison — d�s son entame — est "paradoxes". Ce n'est évidemment pas un titre acquis à l'issue d'une défaite (en fait, de deux défaites en incluant celle de Monaco) qui va dissocier les deux termes. Le match au Parc des Princes, presque anecdotique, n'est cependant pas de nature à amoindrir la performance de l'OL: il peut même se poser en symbole de la qualité restaurée du championnat de France tant le spectacle fut plaisant. La seconde mi-temps a aussi constitué un joli rappel des mérites olympiens, un peu perdus de vue ces derniers temps.

Le palmarès du club s'enrichit donc d'une nouvelle victoire sur le fil, véritable marque de fabrique qui estampille les trois titres consécutifs. La manière avec laquelle a été obtenue cette tierce royale lui donne en effet un lustre tout particulier.



Une tête de plus que les autres

Les parcours des trois prétendants au titre, malgré des perceptions très différentes au départ, ont étonnamment convergé dans le final, à mesure que les écarts de points et de niveau se réduisaient. Après avoir survolé les débats avec une qualité de jeu rare, l'AS Monaco a progressivement perdu le fil de ses idées, aux lendemains de la victoire surréaliste contre La Corogne. Moins en verve, les Monégasques rest�rent tout de même efficaces jusqu'à ce début d'année. Mais la répétition de leurs exploits en Ligue des champions a semblé amoindrir leurs ressources, du moins celles consacrées à la L1, et l'hémorragie de points les a conduits à une anémie fatale.

Le Paris Saint-Germain, auteur d'un début de saison catastrophique — mais qui a probablement joué en sa faveur au bout du compte — a longtemps été stigmatisé pour le manque d'ambition et la qualité déficiente de ses prestations. Ce procès a perduré de façon assez injuste, allant jusqu'à ignorer à la fois les progrès et les vertus spécifiques de ce groupe, capable d'assurer une maîtrise tactique considérable, mais aussi de développer de très beaux mouvements. Au fur et à mesure du rétropédalage de l'ASM et du "ralentissement" très relatif de l'OL (en termes de qualité de jeu), on a donc assisté à une sorte de nivellement entre les trois leaders.

La différence s'est alors faite — et ce fut évident au cours des toutes dernières journées — sur l'efficacité, ce concept nébuleux que l'OL a su rendre ô combien concret, à Bordeaux et Metz en particulier. Au décompte des victoires obtenues à l'arrachée, c'est lui qui a dominé ses concurrents. Ralenti à Strasbourg, le PSG a fait un hors-sujet à Bordeaux tandis que pour l'ASM, le but inscrit par Giuly contre Marseille dans les arrêts de jeu n'a été qu'une parenthèse dans une série de contre-performances. À ce stade du triplé lyonnais, il n'est pas question d'évoquer la seule réussite, ni de réduire le profil de l'OL à celui d'un sprinter: la course de fond lui réussit également assez bien, surtout si l'on considère le parcours suivi depuis trois ans.



SR & GV

Sur le même thème